jeudi 31 décembre 2015

Mon coup de coeur du jour : Le Kaori cha, de Mariage Frères


Ce thé vert est plein de saveurs et de vitalité ! Je l'adore...

Originaire de Kyoto, ce "thé qui sent bon" associe du Genmaicha (vous savez, ce thé qui contient des grains de riz grillés ressemblant à des Rice Krispies, et du thé vert sencha !) et du thé matcha, ce thé vert en poudre (que l'on utilise pour la cérémonie du thé) super sain et extrêmement revitalisant.
 Au final, après infusion de 2 minutes avec de l'eau à 80°, vous obtenez une tasse d'un beau vert brillant, quasi fluo, avec une saveur unique et indescriptible avec des notes végétales et d'autres de céréales. Essayez, vous m'en direz des nouvelles...

Du vert en hiver

Pas facile lorsque le froid arrive de faire le plein de toutes ces bonnes choses dont on a (vraiment) besoin : du cru, du vert, du vivant. D'autant que c'est aussi le moment d'être vigilant à manger un peu plus de plats chauds, de céréales cuites et d'aliments plus réconfortants (en fonction de son activité et de ses besoins, c'est certain).

Il n'empêche, même à cette saison, ce sont les légumes verts qui devraient encore et toujours constituer la base de notre alimentation. Et parmi eux, les légumes verts à feuilles en priorité. Lesquels ? Les choux - kale, chinois, le brocoli ou le bon chou vert à grosses feuilles bien de chez nous -, la mâche, le pourpier, le cresson (et toutes les salades), les épinards, les blettes, le cerfeuil, les orties, les graines germées (brocolis, alfalfa, etc.) et les  jeunes pousses (tournesol, blé, etc.), sans oublier toutes les herbes aromatiques (persil, basilic, menthe, etc.) et les fanes de carottes, de betteraves, de radis et de céleri. En jus, en smoothie, en salade, en soupe froide ou tiède (vous pouvez mixer les légumes au blender et ajouter de l'eau tiède, ainsi vous avez une soupe qui vous réchauffera et pourtant aura conservé tous les bénéfices des aliments crus).

Leur intérêt ? Avant tout, leur richesse en chlorophylle. Ils contiennent plein d'autres bonnes choses, du potassium, du fer, de la vitamine C, du bêtacarotène, des protéines - un peu -, des antioxydants - beaucoup. Mais la chlorophylle a elle seule, justifie que l'on tombe en amour pour eux... Car celle-ci est garante de notre santé et de notre vitalité. Assainissante, antioxydante (2000 fois plus que le jus de myrtille et 20 fois plus que le resvératrol qui fait pourtant référence dans le domaine), elle booste la production de globules rouges (même lorsque l'on prend un bain avec d'eau avec de la chlorophylle, elle est active !) ainsi que celle de globules blancs, et joue un rôle majeur dans l'élimination des toxines de notre intestins dont elle normalise le fonctionnement. Elle est alcaline, et favorise donc notre équilibre acido-basique.

Vous n'aimez pas les légumes ? Vous habitez sur la lune, ou vous avez à la maison des ados réfractaires à tout ce qui pousse ? Deux options : Consommer du jus d'herbe en poudre, lequel concentrent les bienfaits énoncés ci-dessus (Green Kamut d'Algotonic). C'est vrai, le goût est assez spécial - moi, j'adore ! -, entre thé matcha et jus de gazon... Ou, vous utilisez des compléments alimentaires de chlorophylle (Préférez alors la chlorophylle magnésienne et non cuivrique). Il y a en une top chez Catalyons, sous forme de gélules. Pour vos bains ou lavements (rectaux ou vaginaux), vous pouvez utiliser une chlorophylle liquide (Chez Solaray par exemple)... Le tout étant à la fois détoxifiant et revitalisant !

vendredi 18 décembre 2015

La maison du bonheur

J'ai démarré ma première analyse alors que j'avais 21 ou 22 ans, je ne sais plus. En fait, j'étais tellement insupportable que mon (futur) mari m'avait dit qu'il fallait absolument que je fasse un travail sur moi si je voulais que l'on reste ensemble. Comme je tenais à lui et surtout que je savais qu'il avait raison, je me suis lancée. 

C'était alors une analyse freudienne, du genre où l'analyste - une vieille femme très élégante - était assise derrière moi  à faire "hum, hum" et rien de plus ! Pourtant, au fil des mois, les résultats se sont faits sentir : c'était comme un étau qui se desserrait, une nouvelle respiration qui s'invitait dans ma vie. Depuis, je n'ai jamais cessé d’œuvrer sur moi, de manière plus ou moins conventionnelle d'ailleurs. J'ai coutume de dire qu'avec tout l'argent que j'ai dépensé en consultations, stages, conférences et autres livres sur le sujet, j'aurai pu m'acheter une Ferrari. Je n'en doute pas. Je ne la regrette pas non plus. Car au fil du temps, c'est comme si l'espace de lumière auquel j'avais accès ne cessait de s'agrandir, comme si je découvrais toujours plus de pièces dans la maison du bonheur (que je porte à l'intérieur).

Aujourd'hui, à l'aube de mon demi-siècle, lorsque je fais un point sur ces années (si rapidement) écoulées, je ressens toujours plus de joie. Nul doute que j'ai eu mon comptant de tristesse et de fracas, mais finalement, indiscutablement, c'est grâce à tous ces évènements que j'ai pu construire cette vie qui me ressemble tant. Enfin. Enfin, je vis entre Paris et la campagne dans ma maison du bonheur, bien concrète et réelle celle-ci. Enfin, j'ai mon grand jardin, mon potager (et peut-être même des poules un de ces jours, si, si...). Enfin, je partage mon quotidien harmonieusement entre mes différentes passions, l'écriture, l'enseignement, les consultations. Enfin, j'ai fait de ma vie ce laboratoire auquel j'aspirais, laboratoire dans une vie affective qui m'interpelle et me sourit, laboratoire au niveau politique avec des projets qui me rendent tellement heureuse que je m'en réveille la nuit, laboratoire au niveau de ma créativité avec de vrais prises de risque pour des livres à venir, laboratoire au niveau de ma spiritualité aussi. Mon happy lab à moi où rien n'est jamais acquis, mais où je peux essayer, tester, expérimenter, vivre quoi...

Et en fait, lorsque j'écris tout ça, je pense à des gens, à plein de gens, gratitude, gratitude. Je voudrais écrire une avalanche de prénoms, je voudrais hurler au monde à quel point ils sont formidables, à quel point vous êtes formidables... Tous ceux-là qui m'ont soutenue, aidée, aimée, été présents de jour comme de nuit. Tenu la main quand il le fallait, partagé les rires et les secrets, les envies et les projets. Connue, reconnue. Je suis un puzzle, un kaléidoscope, une mosaïque. Je suis ce maillage d'êtres humains, je suis à la rencontre de vos chemins. Je suis votre tendresse, votre générosité, vos mains qui me cherchent, vos regards qui m'épient. Je suis mes enfants qui avancent avec détermination dans leur vie. Je suis ces hommes qui ont dit oui. Un peu, beaucoup, à la folie. Je suis mes patients, mes amis, ces rencontres improbables, ces moments incroyables où les choses finissent par basculer, inespérées. Le soleil et la lune. Je suis ce souffle qui se pose, cette avidité qui s'apaise. Je n'ai plus peur d'exister, moins peur d'être moi. Plus besoin de tricher. Une femme qui essaie, qui s'est trompée tellement de fois. Maintenant je peux en rire. Je crois en l'humour, en la tendresse. Avant tout. L'amour et la liberté. Je suis faite de ce bois-là. Maintenant, je le sais, maintenant je l'assume. Eh oui, je suis - encore - Charlie, je suis Paris. Là non plus, je ne renoncerai pas ("je twisterai ces mots s'il fallait les twister, pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez"...). Je suis la Terre qui nous nourrit.  Une pierre sur le chemin. Un sillon. Le mien. Le tien. Peu importe finalement. S'il peut contribuer au monde. Faire une différence. Même petite. Même infinitésimale. Vers davantage de beauté, de conscience, et de joie. Oui, je suis tout cela. La maison du bonheur continue de grandir en moi...

lundi 16 novembre 2015

Un petit coup de pouce... pour tenir le coup (même quand la vie nous secoue)

Je suis bien placée pour savoir à quel point des évènements aussi stressant que ceux que nous venons de vivre à Paris peuvent avoir un impact sur notre corps et sur notre équilibre. Alors que c'est le moment où il faudrait vraiment conserver au maximum son énergie et sa vitalité. Mes conseils version naturo pour aller mieux, au milieu de la tempête.

 - Le premier conseil n'est pas le plus original, mais il reste essentiel  : Prenez soin de votre sommeil. Déjà que le stress a tendance à le fragiliser, mais si vous compliquez les choses en  passant vos nuits à surfer sur les réseaux sociaux ou à regarder la télé, vous allez avoir du mal à mobiliser les ressources dont votre corps a besoin pour faire face aux épreuves auxquels nous sommes confrontés. A un moment donc, on éteint tout ça : demain est un autre jour, on verra bien.

 - Vous êtes inquiet, votre cœur bat la chamade, vous vous sentez trop vulnérable ? Appelez à la rescousse deux plantes alliées : la mélisse, la plante du lâcher-prise, et l'aubépine, la plante du cœur - au sens propre comme au  figuré. Associées toutes les deux (Phytostress, de Biotechnie), vous parviendrez petit à petit à vous calmer, de jour comme de nuit.

 - Encore plus stressé, vous devez vous forcer pour faire face aux obligations de la journée ? Allez chercher du soutien dans ce complément alimentaire très bien fait, Megastress, de Nature Plus. Il contient du basilic sacré, de la lavande et de la camomille pour l'apaisement, mais aussi du rhodiola et tout un ensemble de vitamines et de minéraux (dont de la vitamine C et du magnésium) pour aider le corps à compenser les déperditions de nutriments générés par le stress.

 - Vous alternez des périodes normales et d'autres plus préoccupées ? Pensez bien-sûr au célèbre Rescue, un mélange de fleurs de Bach qui nous aide à gérer nos hauts et nos bas émotionnels. Un remède d'urgence comme son nom l'indique, qu'il ne faut pas hésiter à emporter avec soi, dans ses déplacements ou au bureau.

 - Vous vous sentez désaxé, pas vraiment angoissé, mais plutôt vidé ? Je vous recommande l'un de mes remèdes préférés - je dis que c'est ma potion magique -, le Spagy-Force d'Elixalp (A commander sur leur site, www.elixalp.com). C'est une spagyrie, c'est-à-dire un produit incroyablement complet basé sur l'Alchimie, et capable d'agir sur différents plans de l'être, physique, énergétique, émotionnel, etc. (j'ai conscience qu'un tel langage ésotérique pourrait en rebuter certains. Pour ceux-ci, essayez juste et donnez m'en des nouvelles. Au prix où il est, vous ne prenez pas un bien grand risque...).

 - Enfin, tout cela, ne serait rien, sans y ajouter un peu de joie, n'est-ce pas ? Ma botte secrète : l'huile essentielle de Bergamote. A respirer, ou en application sur le plexus solaire (A condition de ne pas vouloir faire bronzette, car elle est incroyablement photosensibilisante), c'est du soleil en bouteille, de la bonne humeur en concentré. De la lumière bienvenue lorsqu'il fait sombre, à l'extérieur comme dans nos cœurs.

(Bien-sûr, je n'ai aucune action chez les fabricants des produits cités, c'est juste que je les ai maintes et maintes fois testés et faits tester, j'ai donc pu constater leur efficacité. Enfin, ils sont destinés à des personnes en temps normal en bonne santé, et qui se sentent déboussolés. Les femmes enceintes ne peuvent pas les utiliser)

Etats d'urgence

Lorsque j'étais collégienne, j'avais écrit sur mon sac militaire de toile kaki, "l'amour est plus qu'une nécessité, c'est une urgence". J'en suis plus que jamais convaincue aujourd'hui.

Lorsque les jours deviennent si sombres, que l'on ne sait plus vraiment quoi ni qui croire, bat en moi ce timide espoir qu'en ouvrant nos cœurs, en tendant nos mains, en nous prenant dans les bras, persistera une petite lumière dans le noir.

Dimanche, en revenant en voiture vers Paris, je me disais qu'il fallait que j'écrive mon testament (on a d'étranges idées parfois, n'est-ce pas ?). Parce que je n'avais pas l'intention de négocier avec ma vie, que j'aimais sortir et boire, et aller au théâtre et dans les bars, je me sentais vulnérable. Une proie facile. Je me disais qu'il fallait que je dise noir sur blanc à mes enfants à quel point je les aimais, à quel point j'aimais la vie, à quel point j'en avais profité et que je leur souhaitais juste d'en faire autant. Et puis, j'ai éclaté de rire. Mes enfants m'ont vu vivre, ils savent combien j'ai pris celle-ci à bras le corps, ils sont les premiers témoins de mes tentatives, de mes gourmandises, de mes envies de tout essayer, sans transiger. Ils n'ont pas besoin que je leur laisse des instructions. Ils savent faire. Ils sauront faire. Et puis je n'ai pas l'intention de mourir demain. Et la peur, ici comme toujours, est mauvaise conseillère.

Heureusement qu'ensuite, je suis allée dîner avec des amis, et que nous avons tant parlé et ri que nous n'avons pas vu le temps passer. Et j'ai mesuré à quel point ce que j'ai toujours pensé, était pour moi vrai  : quoi qu'il arrive, il faut danser sur le Titanic. J'ai toujours davantage craint, à tort peut-être, la catastrophe écologique que la folie des hommes (même si la première est aussi la conséquence de la seconde). Oui, il n'empêche, si tel est notre destin, notre responsabilité est de continuer à danser sur le Titanic. De chanter, de rire, de pleurer, de jouir, de manger, de partager, et d'aimer, encore et toujours d'aimer. Demain, on verra bien... Tant qu'il est de vie, soyons vivant, entièrement, indiscutablement.

Ces moments où l'histoire collective et individuelle se rencontrent, aussi difficiles soient-ils, sont riches d'enseignements. Quelle joie de lire tous ceux qui prennent leur plume avec tant de talents, d'humour, de justesse, de poésie, de discernement ! Je n'en reviens pas. Et puis toutes ces choses qui font chaud au cœur, les photos, les partages, les messages de ceux que l'on n'attendait pas... Plus triste cependant, le constat que certains avec qui je pensais partager un certain niveau d'intimité ont incroyablement été aux abonnés absents. C'est ainsi. Je n'ai pas de temps à perdre pour courir après ceux qui ne m'aiment pas, ou en tous cas qui ne m'aiment pas assez pour avoir envie de prendre soin de moi, de notre lien. Ils ont le droit. Je veux bien leur envoyer toute ma tendresse et ma joie, maintenant plus que jamais, je sais qu'il y a urgence. Urgence à vivre, urgence à célébrer, urgence à partager avec ceux qui m'aiment la beauté du monde et l'éclat d'un nouveau jour.

Oui, ce soir encore, je suis Paris, je suis Charlie, je suis Beyrouth et Ankara aussi, et toute cette sombre litanie de pays pris en otage par la folie de certains... Ce soir pourtant, je persiste à avoir envie de porter haut les couleurs de la joie, les couleurs de la vie. Et de vous dire que je vous aime. Tout simplement. L'adolescente que j'étais avait tout compris finalement : l'amour est plus qu'une nécessité, c'est une urgence.


dimanche 15 novembre 2015

Que notre joie demeure...

Depuis deux jours, les mots me manquent. Je me retrouve souvent dans ce qu'écrivent les autres et cela me suffit. Depuis deux jours, je pleure aussi. Je repense à ce début d'année. Je repense à Charlie. Je m'interroge. Je me recueille. Je réfléchis. 

Nous avons tout vécu en direct, nous qui habitons le centre de Paris. Cet étrange silence, les hélicoptères qui survolent la zone, la recherche de nos proches, les téléphones qui ne répondent pas - le corps qui tremble de la tête aux pieds, sans pouvoir s'arrêter - et qui répondent enfin, puis l'interrogation pour savoir si nous pouvons sortir de la maison, juste pour aller faire une course. Nous sommes sortis.

Et finalement, samedi, j'ai décidé de partir à la campagne (comme je l'avais d'ailleurs prévu avant tout ça), de prendre un peu de recul, de me recentrer, de me réaxer, de me connecter à ce qui fait sens pour moi, de m'offrir un peu de douceur. Pas de télévision ici, une connexion internet pour le moins laborieuse, le feu dans la cheminée, le bruit du vent, le soleil ce matin. La vie. Que faire de tout cela ? Que faire d'une telle épreuve, à la fois collective et individuelle ? Quelle est l'opportunité qui y est sans nul doute cachée ? Je peux crâner, dire que je n'ai pas peur, je sais bien que ce n'est pas tout à fait vrai, je m'interroge pour les jours à venir. Je m'inquiète pour mes enfants, je m'inquiète pour le monde (je m'inquiétais déjà avant), je m'interroge sur ce que je dois faire, ou plutôt ce qu'il est juste que je fasse. Donner mon sang, m'engager à la Croix Rouge ou la Protection civile (je suis secouriste et thérapeute, je peux peut-être être utile à quelque chose...), soutenir des associations qui œuvrent pour un monde plus juste, plus équilibré, oui, peut-être. Travailler encore et toujours sur moi, pacifier davantage mes relations avec les autres, méditer, prier, sûrement.

Ma croyance profonde est que notre challenge, à nous humains, est d'apprendre à être sécure dans l'insécurité, de trouver notre équilibre à l'intérieur de nous, surtout lorsque l'extérieur est chaotique et bouleversé, à garder le cœur ouvert en toutes circonstances. Même les plus complexes. Et pour y parvenir, l'un des moyens consiste selon moi à conserver notre pratique - méditation, yoga, prière, connexion avec la nature, présence consciente à ceux que l'on aime, au choix... - tous les jours que Dieu fait, même les plus tragiques, même en pleurant, même le cœur meurtri, pour ne pas se laisser déstabiliser (ou le moins possible) par la terreur, la haine, et un tel déchaînement de violence.

C'est pourquoi, et vous m'en êtes témoins, je fais le choix de garder foi en cet élan vital qui m'anime et nous rapproche, et de l'émaner sans restriction pour honorer ceux qui sont morts, ceux que j'aime, ceux que j'accompagne et pour le monde. Malgré l'immense compassion que je ressens pour tous ceux qui sont touchés par cette tragédie, je fais le choix de refuser cette dualité simpliste qui voudrait qu'il y ait les méchants d'un côté dont nous serions les gentilles victimes, et donc de regarder au cœur de moi, la violence contenue, l'égoïsme, le désir de vengeance, mes mémoires de peur, afin de mieux les transformer. Oui, même si cela peut paraître simpliste et ça ne l'est finalement pas tant que ça, je fais le choix de l'amour, de la foi, de la joie une nouvelle fois. Et même si je dois un peu me forcer au début, je sais que petit à petit, mon cœur se mettra à l'harmonie, à l'unisson d'un tel choix. Je fais le choix de sourire, même les larmes aux yeux, et de croire encore et toujours qu'un monde meilleur est possible, j'ai la conviction que dis-je la certitude qu'il émergera d'un tel chaos.

Une femme que j'aimais beaucoup est morte vendredi, je ne dirai pas que nous étions amies, mais nos cœurs étaient en harmonie. Je suis bouleversée par son départ, qui me semble tellement injuste, son engagement dans le monde était si puissant, si lumineux. Lorsque mon père est mort il y a des années de cela, je me répétais la chanson, "There're should be an answer, let it be"*. C'est ce que je me dis aujourd'hui, lorsque je pense à Véronique, lorsque je vois le visage de tous ces jeunes gens morts vendredi, si beaux, si vivants. There're should be an answer*. Je vous en supplie, n'en doutons pas.

*Il doit y avoir une réponse, ainsi soit-il.

mardi 10 novembre 2015

La théorie/ La pratique : le rebirth

La théorie

Quoi ? Mis au point aux Etats-Unis au début des années 70 par Leonard Orr, le Rebirth - on parle aussi de rebirthing - est une technique respiratoire destinée dans un premier temps à atténuer l’empreinte traumatique de la naissance. Ce qui explique son nom – rebirth, "renaissance". Jacques de Panafieu, qui a contribué à l’introduire en France, le définit ainsi : « Le rebirth est une technique de respiration consciente et dirigée. En se frayant un chemin dans le corps énergétique et physique, le souffle dissout les blocages et les tensions. Il permet la résolution de schémas mentaux inhibiteurs sans intervention de l’intellect ni de l’imaginaire. »
 
Comment ? Après un entretien préalable et éventuellement la prescription d’un examen médical pour les personnes plus fragiles, le thérapeute présente la technique et ses effets éventuels (agréables ou plus désagréables comme des fourmillements, un engourdissement, voire de la tétanie). Puis le sujet, allongé dans la pénombre, est invité à se relaxer et à respirer profondément par la bouche. Certaines tensions ou blocages peuvent alors apparaître dans le corps qu'il va essayer de dénouer à l’aide de la respiration. C’est dans cette phase que peuvent surgir émotions, mouvements, peurs, colères, larmes, douleurs, cris, grandes chaleurs, tremblements mais également éclats de rires ou mouvements de succion. Une ventilation plus ample et accélérée mène, en effet, à une hyperoxygénation du cerveau : Ce phénomène favorise la levée du contrôle du cortex sur les zones archaïques du cerveau, avec surgissement de la vie instinctive, des émotions refoulées, et des souvenirs enfouis. Peu à peu, la respiration redevient habituelle, la personne reprend contact avec son environnement. La phase de respiration est alors suivie par un second temps de parole destiné à intégrer ce qui s’est passé. Le rebirth revendique un travail sur des émotions très archaïques, la plupart des praticiens faisant référence aux différents stades de l’accouchement ainsi qu’au traumatisme de la naissance


Oui ou non ? Le rebirth convient aux personnes dépressives, angoissées ou stressées. En revanche, il est déconseillé aux individus déstructurés ou incapables de faire face à un bouleversement émotionnel car certains évènements traumatisants peuvent parfois émerger.

La pratique
"Si la respiration holotropique fait partie des techniques dont je suis coutumière, je n'avais jamais expérimenté le rebirth. Ce fut chose faite en septembre. L'idée de faire un effort si long sur la respiration pouvait éventuellement m'inquiéter, mais sitôt le travail lancé, je me suis laissée emporter par le rythme extrêmement puissant de l'exercice. Mon corps se laisse faire et trouve un rythme de balancement naturel profond et relaxant. Je ressens peu de blocages, mais plutôt une détente impressionnante toujours rythmée par ce mouvement de balancier, qui m'évoque (a posteriori) celui des enfants en train de s'apaiser.  J'ai alors effectivement l'impression d'être un tout-petit, à la fois fragile et bien entouré, Le temps passe vite dans cet état très bénéfique. Je sors de cet exercice tout sourire, comme si j'avais fait un voyage au pays béni de l'enfance et de son innocence. Il est clair que tout le monde n'a pas vécu une expérience si simple et lumineuse. Mais toutes les personnes du groupe sortons renforcés et apaisés de cet étrange voyage. A noter : J'aurai ensuite quelques courbatures au niveau du sacrum, comme si cette danse avec moi-même avait dénoué des points de blocage au niveau de cette région "sacrée"."

vendredi 6 novembre 2015

Quoi qu'il arrive, je t'aime

Oh non, je n'ai pas la prétention d'avoir inventé quelque chose... Et le "Quoi qu'il arrive, je t'aime", n'est effectivement qu'un autre nom, un autre son, pour parler d'amour inconditionnel. Sauf que les termes "amour inconditionnel" sonnent compliqués à mon oreille. A mon cœur aussi. Alors que lorsque je dis "Quoi qu'il arrive, je t'aime", tout mon être vibre et comprends. Ma tête, mon cœur, mon ventre, tout partout en dedans.

Lorsque Mila m'a rejoint cet été sur le Camino, nous avons beaucoup parlé (deux amies et thérapeutes qui se retrouvent ont beaucoup de choses à se raconter !), beaucoup marché en silence aussi. C'est en faisant tranquillement le point sur nos vies affectives parfois chahutées de ces dernières années que nous avons eu envie de poser ces mots, des mots qui évoquaient la responsabilité que l'on acceptait de prendre dans notre existence d'une manière générale, et dans notre lien intime à l'autre en particulier : Quoi qu'il arrive, je t'aime.

Quoi qu'il arrive, je t'aime, signifie que je me positionne en adulte dans le lien d'affect, comme une source, un émetteur, et non plus comme une personne dépendante, qui se place dans son besoin (infantile), dans ses attentes et dans ses peurs.

Quoi qu'il arrive, je t'aime, veut dire qu'en retour, tu es libre et que j'aime aussi ta liberté. Je n'attends même pas de toi que tu m'aimes, ni que tu me répondes. Tu peux le faire. Ou ne pas le faire, cela ne change rien pour moi. Je suis et serai là pour toi.

Quoi qu'il arrive, je t'aime, coupe court à toute frustration ou toute interrogation. Je me nourris par le seul fait que tu existes, et cela m'enchante et me réjouit. Je n'attends rien, je n'attends plus. Le Prince Charmant - ou la Princesse Charmante - peut passer son chemin. Je n'ai plus besoin d'être sauvé(e). Juste envie de vivre et (aussi) de t'aimer.

Quoi qu'il arrive, je t'aime, nous a bien sûr été dicté par nos enfants. Ceux-ci le savent bien qu'ils peuvent vivre leur vie dans le sens qui leur plaira, notre amour leur est acquis d'éternité. Il m'a aussi été soufflé par mes parents, dont le soutien et la présence n'ont jamais failli, en toutes circonstances, malgré les tensions et les difficultés. On l'expérimente également avec nos amis. Il ne nous viendrait pas à l'idée de leur reprocher de nous avoir oubliés, mal aimés. Pourquoi devrait-il en être autrement pour ceux avec qui nous partageons un autre espace sacré, la sexualité ?

Quoi qu'il arrive, je t'aime, est une envie, un projet, une lumière qui guide mes pas. Parfois j'y arrive. Parfois pas. Il peut arriver que mes peurs enfantines, ma faille narcissique, ma dépendance affective se rebiffent et fassent la grève de cette nouvelle maturité. C'est comme ça. J'ai appris à l'accepter, à ne pas me juger. Au contraire, je vais chercher à me rassurer. Je regarde alors avec tendresse la petite fille esseulée qui avait tellement peur que la vie l'oublie et que personne ne puisse l'aimer. Tu as vu le chemin parcouru, tu as vu, vraiment vu ?

D'autant qu'il devient clair pour moi que le Quoi qu'il arrive, je t'aime, n'est pas suffisant. J'en ai pris conscience ces derniers temps, parce qu'il ne me semblait pas juste que ce choix de l'amour laisse éventuellement de l'espace pour que l'autre puisse ne pas me respecter. Il ne s'agit pas de le remettre en question ni même d'en atténuer la portée. Il s'agit juste de l'équilibrer. C'est pourquoi, maintenant, j'aime à me proposer un autre chemin d'apprentissage, complémentaire du premier, probablement indissociable, en y ajoutant : Quoi qu'il arrive, je m'aime.

mercredi 28 octobre 2015

Le temps de vivre

J'ai tellement aimé cette chanson de Moustaki "Nous prendrons le temps de vivre, et d'être libre, mon amour...". Et pourtant, il me semble juste en sentir maintenant toute la profondeur. 
Parmi les multiples effets de mon pèlerinage à Saint-Jacques, il y a effectivement cette joie de prendre enfin le temps de vivre. Avec de la tendresse pour moi-même. 
Ceux qui me connaissent doivent se pincer, mais non, vous ne rêvez pas, je n'arrive plus à faire autrement. Qu'en prenant mon temps.

Dès que j'ai recommencé à travailler, je me suis rendue compte qu'il allait falloir faire quelque chose : impossible pour moi d'enchaîner les rendez-vous, de sentir cette  tension intérieure dès qu'un grain de sable s'insérait dans les rouages de mon organisation supersonique... Maintenant, je prends moins de rendez-vous, je m'impose moins d'obligations, et j'ai enfin du temps pour intégrer, digérer, tâtonner, me préparer. Me réjouir aussi. Avant et après. Non seulement, j'ai le sentiment d'aller bien davantage au fond des choses, mais ce qui me surprend le plus, c'est la présence que je ressens à ce que je fais, cette présence à être, à vivre tout simplement et surtout cette sensation de paix à l'intérieur de moi. En quasi toutes circonstances.

Ce qui me saute avant tout au yeux, c'est que je suis présente à moi-même. Enfin. Il était temps ! J'ai encore beaucoup de projets sur le feu, mais sans urgence aucune. Et je renonce aussi à beaucoup d'autres. Parce que je sais que je ne pourrais que les faire vite et mal. Je suis sortie de l'injonction de l'ego, de l'absolu besoin de reconnaissance. Je ne dirai pas que mon ego est mort, ni que je n'ai plus besoin de me sentir reconnue, je dis juste que cela ne prend plus le pas sur le reste. J'existe et je me sens tellement privilégiée que je pourrai me pincer toute la journée. Oui, oui, juste pour ce privilège de vivre. Et quand on y ajoute que j'ai des enfants formidables (et heureux, je crois), un toit, à manger et des gens magnifiques à aimer, un métier construit à ma mesure (ou à ma démesure !), je pourrai courir partout en hurlant ma joie.

Ah oui, la joie, ma joie, mon cœur en fête. Entre Frédéric Lenoir qui vient d'écrire un livre dessus, Guy Corneau qui en a fait le thème de ces dernières conférences... Comme ils ont raison, comme la joie devrait rester notre seul objectif, l'enjeu absolu, notre engagement pour nous-même. De temps en temps, je donne à l'EEPA un cours qui s'intitule "De la dépression à la joie". J'adore ce cours. Nous en sortons toujours avec le sourire aux lèvres, et le cœur bouleversé. Le temps que je me donne actuellement me permet de jardiner, de cultiver cette joie en moi. Avec une immense sérénité.

Je connaissais tout ça avec ma tête, j'avais lu tout ce qu'il était possible de lire sur un tel sujet. L'expérience est bien différente. Et surtout je peux une fois de plus constater qu'elle ne se décide pas. Plus j'avance dans ma vie, plus j'ai conscience que la volonté est peu de chose. Que s'il n'est pas possible de décider de changer, il est néanmoins possible de créer autour de soi les conditions favorables à ce changement. Et de faire alors preuve de patience, et de confiance, sans attente exagérée par rapport au résultat... Construire sa vie, petit à petit. Puisque oui, "Tout est possible, tout est permis", comme disait le chanteur...

vendredi 4 septembre 2015

Partir revenir

Après plus de 1500 km à pied cap vers l'Ouest direction Santiago, une page est tournée. Il se peut que dans ma vie, des choses soient en train de se transformer. Presque malgré moi. Sans que ce soit d'une manière ou d'une autre un effort de ma volonté.

J'ai fait la route, de bout en bout et même au-delà, et je suis fière de moi. J'ai marché dans la nuit, sous une chaleur d'enfer et parfois sous la pluie. J'ai marché en chantant (beaucoup), j'ai marché en pleurant, j'ai marché en me demandant ce que j'étais en train de chercher. Mais j'ai toujours continué. Reprenant matin après matin mon bâton de pèlerin. Un pied devant l'autre. Ne pas trop se poser de questions. Juste avancer. Honnêtement, ce n'était pas si compliqué. D'ailleurs il y a des enfants sur le chemin et des personnes vraiment âgées. Non, la difficulté n'est pas où je pensais qu'elle était. La vraie difficulté pour moi était de larguer les amarres, de laisser derrière moi une vie en ordre (ou disons dans un désordre que je maîtrisais), de renoncer au moins un temps à mes attachements, à la tendresse de mes proches, à mes amis, au lien valorisant avec mes patients, à mon univers protecteur et bienveillant. Juste pour vivre autre chose. Juste pour me tester. Ce n'était pas si simple non plus... Deux fois, j'ai failli rentrer.

Le premier soir, tout premier soir de marche, j'avais été trop présomptueuse (et encore je ne sais pas comment j'aurai pu faire autrement car il n'y avait pas de place dans les gîtes avant), la route avait été longue, très longue et j'ai fini par une longue descente vraiment difficile (la descente de Monistrol est réputée comme étant particulièrement dangereuse et l'hélicoptère vient régulièrement secourir des gens). Deux fois je suis tombée. Le sac à dos était lourd, le jour déclinait. Je me suis simplement dit, je me suis trompée, cette aventure-là n'est pas pour moi, je ne vois pas pourquoi je devrai me forcer à continuer. Heureusement, l'accueil au refuge a été joyeux, lumineux, compatissant. Le lendemain j'ai repris la route sereinement. C'était parti !

La seconde fois, c'était en Espagne, à Viana. Nous avions marché sous une chaleur torride, et cela demandait une grande concentration, une véritable détermination. La fatigue se faisait sentir, on se levait très tôt, les nuits en dortoir ne sont pas toujours très réparatrices... Un ami avait dû rentrer chez lui parce qu'il avait les pieds trop abîmés pour encore marcher. Après le dîner, j'ai eu mon fils au téléphone, m'annonçant qu'il avait une grosse angine. Il faut savoir que mon fils n'est jamais malade (je touche du bois). Il a pris une fois des antibiotiques dans sa vie, il a manqué une journée d'école durant toute sa scolarité et encore pour cause de flemmardise aiguë. Et là, il n'était vraiment pas bien. C'est un grand garçon et même un jeune adulte, mais il n'empêche que j'étais dans une petite ville d'Espagne, avec des (presque) inconnus, et mon fils avait besoin de moi... Je me suis assise sur le bord du trottoir, en me demandant vraiment ce que je faisais là, quel sens pouvait avoir tout ça. Heureusement, mes amies, mes merveilleuses amies - merci Victoire, merci Nathalie - (et mes toutes aussi magnifiques belle-filles) ont pris le relais et ont joué les mamans de substitution avec tout l'amour dont elles sont capables, et ce n'est pas peu dire. Paradoxalement, c'est à partir de ce moment là, que j'ai vraiment pu lâcher mon portable, penser davantage à moi, et m'immerger dans mon pèlerinage.

Alors aujourd'hui quand les gens m'interrogent, me scrutent, me regardent... Raconte-moi, Compostelle ! Je ne sais pas quoi dire. Je peux juste dire les amitiés florissantes du chemin, je peux juste dire l'apprentissage de la confiance, ces moments de doute et les moments d'entrain. Je peux juste dire qu'après chaque instant de découragement, un miracle est advenu. Je ne sais pas si j'ai changé. Je ne sais même pas si j'espérais changer, je ne pense pas être partie pour réparer quelque chose. Je constate en revanche que ma vie, elle, est en train de bouger. Que des choses que je pouvais tolérer me deviennent impossible à supporter, que je me mets en colère beaucoup plus facilement. Que je suis submergée d'émotions lorsque j'entre dans un lieu de culte. J'ai une nouvelle fois appris que l'arrivée importe peu, et que c'est le chemin qui doit être joyeux. J'ai surtout appris que je pouvais me passer de beaucoup de choses (on s'encombre peu lorsque l'on porte tout sur son dos). Sauf du lien avec l'autre, avec les autres. Que lorsque la route est difficile, c'est le fait d'être ensemble qui fait la différence, qui encourage, qui contient. Qui soutient.

Et puis au bout de tout ce temps, plus de deux mois passés à cheminer, si j'étais heureuse d'arriver, j'ai vite eu hâte de rentrer. Je n'aurai pas pu revenir à pied ! J'ai passé trois jours en bord de mer avec mes nouveaux amis, ma famille de Compostelle. Puis chacun s'en est retourné chez lui. Je pleurais de joie lorsque mon avion a atterri. Paris en août était doux, apaisant. Mes proches étaient là. De nombreux amis aussi. Alors j'ai pris soin de moi. J'ai dormi, j'ai mangé, j'ai encore dormi. Pas question de travailler, ni même de faire du yoga, j'ai à peine lu, beaucoup traîné. Mon corps était fatigué. J'avais besoin de prendre mon temps. De me reposer.

J'ai le sentiment que c'est comme une grossesse. Un bouleversement, une fatigue de fond, et la nécessité d'appréhender une nouvelle réalité. Me mettre au monde. Laisser les choses se poser, sédimenter. Je pense que cela prendra plusieurs mois. Voire davantage. Revient-on jamais de Compostelle ? J'ai aimé faire cette route. J'ai aimé être en chemin, le statut de pèlerin me convient bien. Ce dénuement, ce dépouillement. Je suis incapable de dire si je repartirai ou pas pour ce type d'aventure. Même si j'ai déjà quelques idées derrière la tête ! Mais j'attendrai vraiment que ce soit de l'ordre de la nécessité. Comme cette fois. Un tel engagement ne peut provenir que d'un choix profond, existentiel. Quitter les gens que j'aime ne peut pas se faire sur un coup de tête, une envie superficielle. Pour l'instant, la chose principale que Compostelle m'a appris peut en effet se résumer ainsi : je ne savais pas que j'aimais à ce point les gens que j'aime. Au bout du compte, au final, abrasée par ma route, lasse, épuisée, pierre polie par le Chemin, au-delà de ma fierté et de ma joie même d'être allée au bout de mon dessein, il ne reste que l'amour. Un sentiment d'amour incroyable, qui me surprend et qui m'étreint.



lundi 29 juin 2015

Humeurs pèlerines

J'aime être cette fille sur le bord du Chemin, un peu nomade, un peu vagabonde. Celle que les autres regardent (et saluent souvent) lorsqu'ils vont travailler, faire leurs courses ou s'occuper de leurs enfants.

J'aime être celle-là entre deux ports, deux étapes, deux vies sûrement aussi. Que les gens viennent interroger dans les gares ou les cafés, si facilement identifiable avec mon bâton et ma coquille sur le sac. Saint-Jacques ? Santiago ? Compostella ? J'aime être une parmi les autres, sans âge, sans histoire, sans métier. Juste une passante qui ne fait que passer, aller de l'avant, et en aucun cas ne reviendra sur ses pas. Et plus la route se fait, et plus le rire se fait léger. Kilomètre après kilomètre. Et nous recherchons l'ombre dans les fossés, faisons escale sur les trottoirs, pique-niquons sous les porches des églises. Voyageurs de la Terre et du ciel.

J'aime marcher seule, méditante et souriante, enfin sortie de toute attente. J'aime partager le repas de ces gens que je ne connais pas, et qui deviennent mes frères et sœurs par le simple fait d'être là. En une chaîne qui se tisse presque malgré moi. Ensemble. Pèlerins. Un mode de vie, une ligne de cœur, une tentative sans obligation de résultat. Une métaphore de l'existence, un engagement renouvelé chaque matin.

(Visuel : On boit bien à l'Abbatiale de Conques !)

Comment peut-on être pélerin ?

C'est un moment étrange, celui où l'on saute le pas, portant sa maison sur son dos, tel un escargot. Descendre les grands escaliers de la Basilique du Puy comme on se jetterait dans le vide. Et devenir ce que les autres regardent avec beaucoup d'interrogations, voire parfois un zeste de dédain, un pèlerin. 

Accepter de larguer les amarres sans bien savoir ni comment ni pourquoi, se mêler à d'autres dont on ne connaît pas les codes, partir, prendre la route. Enfin. Tourner une page sans trop connaître ce qu'il y a derrière, et renoncer. Renoncer à tant de choses de son plein gré et d'abord à ce que l'on croit qui constitue notre identité. Sur le Chemin, nous devenons un prénom, un lieu de départ, un autre d'arrivée (tout le monde ne va pas jusqu'à Santiago). Peu d'autres questions, sauf si l'on tisse au fil du temps des liens plus profonds. Renoncer aussi à notre confort et ce que l'on croît être notre sécurité.

Comment peut-on être pèlerin ? Accepter de dormir dans des dortoirs de 4 à... 40 personnes (voire davantage !). Manger du porc (la viande la moins chère il faut croire) agrémenter à toutes les sauces ? Être réveillé à 6 heures voire plus tôt pour marcher tant qu'il ne fait pas trop chaud ? Bronzer en tranches napolitaine ? Souffrir des pieds (le pèlerin prie avec ses pieds, pouvons-nous tous confirmer...) ? Mais aussi de la chaleur, du froid, de la pluie, de la promiscuité, voire de la soif parfois (et donc fréquenter avec une grande assiduité les cimetières, points d'eau providentiels !) ? Sans oublier le pompon, tous ces insectes qui nous font la cours au quotidien, les punaises de lit et les tiques devenant des obsessions pour certains ?

Alors comment expliquer que le Chemin nous appelle et nous rappelle avec une telle intensité, que toute personne l'ayant parcouru en tout ou partie, sait qu'elle y retournera. Un jour. Tout autant qu'il existe un esprit du Chemin, il existe une magie du Chemin. Magie des retrouvailles avec soi-même à nulle autre pareille (dans son incarnation jusqu'à son essence spirituelle). Magie de la rencontre avec l'autre, les autres, cœur à cœur, compagnons au sens littéral du terme avec lequel on partage le pain (et la bière !). Célébrer. Rire et chanter. Et parfois pleurer. Se soutenir. Être ensemble à l'école de notre humanité, de notre humilité. Et finalement, au fil de nos pas, trouver la vie bien légère, se concentrer uniquement sur ce qui est nécessaire, le vivre, le dormir, le manger. Véritablement s'en remettre, se confier, cesser de tout organiser, marcher, marcher. S'ouvrir à l'autre, à l'étranger, à la vie, son impressionnante diversité, et sa beauté. Pèleriner, cheminer, c'est toucher du doigt l'essentiel - l'essence du ciel -, renoncer à s'attacher, prendre conscience de ses propres priorités. Devenir poussière d'étoile. Pour irradier. L'amour et la liberté.

(La stèle sur la photo marque l'endroit où se rejoignent trois des quatre chemins français vers Saint-Jacques de Compostelle, celui du Puy, de Vezelay et de Tours)

samedi 18 avril 2015

Pari gagné pour François ! Plus de 20 kilos perdus en deux mois

Je ne sais pas si vous vous souvenez de mon post du 15 mars : le pari de François. Je vous expliquais comment François m'avait contactée afin de tester la naturopathie pour perdre le poids qu'il avait en excès. Son challenge : perdre 20 kilos en 60 jours. Nous étions alors à mi-parcours et il avait perdu 13 kilos. Aujourd'hui les 60 jours sont passés et François a perdu 21 kilos. Pari réussi donc pour lui. Et un peu pour moi aussi.

Je savais que François avait un mental très fort, mais il m'importait avant tout de lui donner les clés d'une alimentation saine et respectueuse de son corps. Attention, je ne dis pas qu'une telle perte de poids si rapidement n'est pas un peu excessive. Elle correspondait à son attente et à ses besoins, mais maintenant il ne relâche pas son attention pour autant. Alors qu'il est en vacances, il continue à privilégier une alimentation naturopathique, hypotoxique, à base principalement de légumes, ainsi que d'aliments d'excellente qualité. Il s'appuie toujours sur "Mon cahier Détox", le livre que j'ai écris chez Solar et dont il s'est servi tout au long de son parcours, et persiste à prendre soin de lui, à se faire masser, à se reposer. En bref, à aider son corps à s'adapter à cette nouvelle donne. Interne et externe.

Ce qu'il y a de formidable, c'est que François a entraîné avec lui tout un groupe de personnes* capables de se stimuler et de s’entraider, de personnes qui souhaitent non comme lui maigrir très très vite, mais surtout initier un lien pacifié avec leur propre corps, en ne cherchant pas de solution miracle, mais en mettant de la joie, de la gourmandise et de la santé dans leur alimentation. La tendresse en plus.

*Si vous le souhaitez, vous pouvez les rejoindre sur le groupe Facebook, Projet Santé - Motivation & Soutien, c'est gratuit et très joyeux.
 


Mon coup de coeur du jour : Une autre façon d'aimer, de Jacques Schecroun.

C'est vrai, Jacques fait parti de mes amis (et c'est un privilège). C'est tout aussi vrai, j'ai été sa directrice d'ouvrage pour l'un de ses livres. C'est encore vrai, il ne manque pas de m'honorer à la fin de celui dont nous allons parler. Mais cela ne change rien à l'affaire : il est non seulement un auteur de talent, mais surtout son dernier livre est un incontournable à avoir dans sa bibliothèque. 

Le si bien nommé Une autre façon d'aimer*, nous interroge et nous propose mille et une pistes pour embrasser et embraser le monde de l'amour autrement. Sans drame, sans souffrance, sans masque, sans ressentiment. Une autre façon d'aimer les autres et la vie. Aimer ce qui est en toutes circonstances, et surtout s'aimer soi-même pour vivre dans la foi et la joie.

On plonge dans ce livre avec enthousiasme, avec humour, avec tendresse. On plonge et on n'en ressort pas indemne, car il est alors impossible de ne pas s'interroger. Est-ce que je sais aimer ? Et vous, savez-vous aimer ? Je veux dire, vraiment aimer ? En ce qui me concerne, je crains fort qu'il ne faille répondre par la négative. J'essaie, je tâtonne, je m'entraîne, je grandis peut-être quand même. Mais ma marge de progression reste immense. Afin d'aimer "même si" (Même si l'autre ne me téléphone pas, même si l'autre ne se comporte pas comme j'aurai envie qu'il le fasse, même si, même si...), de renoncer à l'état de victime, d'accepter l'autre tel qu'il est, de sortir de la dépendance, et d'être absolument présent en tous lieux et en toutes circonstances. Pour embrasser la vie, pour rayonner celle-ci, et oser tous ensemble réenchanter l'amour. Ce livre est un guide incontournable pour tous ceux qui, comme moi, se sentent inspirés par ce magnifique programme. Et n'ont plus envie de verser des larmes que de joie.

Dans cet extrait, Jacques nous parle de l'attente et de la manière dont celle-ci nuit à notre bonheur, en particulier dans les relations amoureuses :

"Le piège charmant
(...) En même temps qu'elle nous procure les frissons qui attisent nos sens, en même temps qu'elle stimule le désir, elle fait naître notre mal-être quand elle ne fait pas notre malheur. Car, quand bien même nous n'avons pas été nourris aux contes de fées habités de princesses et de princes charmants, l'attente que l'autre fasse notre bonheur est une attitude, une façon d'être même, qui, culturellement et fatalement, ne nous est guère étrangère. Et cette attente est malsaine pour cette raison que son objet nous est tout simplement impossible à atteindre. Qu'on le veuille ou non, nul ne peut jamais faire le bonheur de l'autre, pas plus que son malheur d'ailleurs, sauf à lui en donner le pouvoir. Vouloir qu'il en aille autrement revient aussi à se déposséder soi-même de la plus fondamentale des libertés, celle de gouverner sa propre vie..."

*Les Editions de l'Homme.

Pourquoi je pars...

Dans un peu plus d'un mois, la veille de la Pentecôte, très tôt le matin, je partirai. J'irai à la messe des Pèlerins dans la cathédrale du Puy-en-Velay, puis je prendrai la route pour tenter à mon tour de rejoindre Saint-Jacques de Compostelle, une parmi des centaines, par la route des gens ordinaires, comme la désignait Paolo Coelho. 

Plus de 1500 km à pieds, seule (et sûrement très entourée !), sans prévoir plus que raisonnable les étapes ni le tracé. A la grâce de Dieu. Ce Dieu auquel je ne sais même pas si je crois, dans l'acception catholique du terme en tout cas. Et si je pars, c'est d'ailleurs sans doute pour éprouver ma foi. En l'autre, y compris le plus grand que moi, en la vie, et aussi en moi. 

Depuis quelques jours, alors que le compte à rebours a indéniablement commencé, que je préviens mes amis, mes patients, que j'organise mon absence et mon chemin, la question qui revient le plus souvent, c'est, Pourquoi ? Pourquoi quitter Paris au printemps, se compliquer l'existence, fermer le cabinet ? Pourquoi éprouver le manque, l'absence, la perte, la peur, la solitude ? Et je cherche alors en moi les réponses à tous ces pourquoi. En voici quelques unes en tous cas.

Je pars, parce que je suis dans ma cinquantième année, et que cinquante ans de vie, ce n'est pas rien, et que c'est ma manière de célébrer, d'honorer le chemin que j'ai déjà accompli. Parce que je ne veux pas être dans le déni que je vieillis, que mon corps se marque et parfois se raidit, et que c'est un privilège de voir les années passer, même dans un monde où l'on a si peur de cela, je choisis de l'affirmer, je suis dans ma seconde partie de vie, c'est ainsi. Je pars parce que, lorsque je me suis interrogée sur ce que je voulais absolument faire avant ma mort, c'est le mot Compostelle qui est arrivé, tout de suite, et qu'alors, je n'ai eu qu'à dire oui, qu'à m'incliner. C'était il y a presque un an, je suis allée au monastère  tout près de chez moi, j'ai acheté une carte du Camino, et le chemin a commencé. Dans ma tête déjà.

Je pars, parce que j'ai traversé des années de grand chambardement, parfois très violentes, parfois très inspirantes, toujours d'une grande intensité et que je voulais prendre un temps pour m'arrêter, écouter mon corps, vérifier que tout cela ne m'avait pas trop impacté ni blessé. Un espace, une respiration, un temps pour moi, loin du brouhaha. Ma manière aussi d'affirmer que je choisis de tourner la page, et de commencer un nouveau chapitre. Plus simple, plus paisible, plus mature aussi.

Je pars parce que paradoxalement j'ai trouvé ma place dans l'existence, que ce que je fais, ce que je vis me comble et me réjouit. Que je n'ai plus qu'à grandir, me déployer, et que je suis tellement heureuse de me sentir enfin là, au bon endroit pour moi. Je fais ce que j'aime, j'aime ce que je fais. Je n'ai plus peur de perdre, car je me suis trouvée. Tout cela sonne si juste, je me sens en harmonie. Une si jolie partition à jouer. Cheminer est aussi ma manière de dire merci.

Le fait de partir ainsi m'oblige à faire une sorte de bilan de ma vie. Et les images se succèdent dans mon esprit. Comme si je mourrais à quelque chose. Comme un film en accéléré. Les rires de mes enfants et mon indicible joie lorsqu'ils reviennent maintenant au nid. Les dîners avec mes amis, ces temps de partage, et de danse, et de repas, et leurs mots, et leurs messages, et leur beauté infini. Le corps d'un homme que j'aime et contre lequel je me blottis. Le ciel au printemps, l'odeur du maquis, et ma maison en Normandie. Et Giotto, et Fra Angelico, et l'Italie. Et la cathédrale de Chartres au loin, et l'Hymne à la joie, et Ismaël Lo. Capra et Tennessee Williams. L'image incroyable de cette baleine qui passe devant notre voilier petit matin. Paris place de la Concorde à l'aube aussi. Le feu dans la cheminée. Cette patiente qui voulait mourir et se réconcilie avec la vie. Pas à pas. Petit à petit. Et la mort de mon père, lui qui nous dira comme un testament de lumière, "je ne suis pas une grenouille de bénitier, mais je ne veux pas croire qu'il ne restera rien de tout cet amour-là". Rassure-toi papa, il est resté tant de choses de tout cet amour. Dans mon cœur et ailleurs. Je prends aussi la route pour toi. Et pour ma maman qui est toujours là, pour Emmanuelle et Marie aussi, qui ont traversé avec succès l'enfer de la maladie. Alléluia. Et mon frère. Et ma sœur. Nos cœurs enfin apaisés. Et l'église dans l'obscurité qui s'emplit de lumière le jour de Pâques. Les larmes aux yeux rien que d'y penser. Et ces chants que l'on répète avec Victor, avec Mila, avec Gisèle sur les routes du monde entier, au Pérou, à Porto-Rico, à Bali :" Que c'est beau, c'est beau, la vie...". Oui, la beauté du monde. Et la dureté du monde aussi. Cet homme que j'avais cru si proche qui me crache sa violence et sa haine un soir dans la cuisine. Et cet autre homme qui m'embrasse dans une autre cuisine (!) et répare mon âme blessée avec des fils de tendresse. Oui, c'est beau, c'est beau, la vie... Et de comprendre aussi que l'on peut aimer sans être aimée, et ne pas se dissoudre pour autant, et que non seulement, ce n'est pas grave, mais que  cela me grandit, m'irradie, m'ouvre enfin à toutes les dimensions de la vie. Qu'il en a fallu du temps pour que je comprenne. Un peu. Ce qu'être humain veut dire. Ce que vivre veut dire. Aujourd'hui, j'ai besoin d'intégrer. De digérer. De faire avec tout ça. Je ne sais pas comment font les autres. Moi il me faut du temps. Du silence. Des larmes peut-être aussi. Des chapelles au détour des chemins. Des cierges que j'allume. Pour ceux que j'aime. Et pour l'humanité.

Car si je pars, c'est avant tout une quête. Une initiation. Une histoire de spiritualité, de foi. Je ne pars pas en randonnée, ni faire le tour du monde à pieds. Je pars en pèlerinage. Être une parmi les autres. Ensemble. M'oublier. Me retrouver. Me ressourcer. Me laisser éroder, polir par le chemin, prendre et transformer par lui. Croyez-le ou pas, je pars parce que je n'ai pas le choix. Comme une décision venue au-delà de moi, je n'ai fait qu'acquiescer. Et j'ai beau avoir le trac, peser et repeser mon sac à  dos, réfléchir sans arrêt à ce que j'ai pu oublier... Je dois partir. Je vais partir. J'espère que j'arriverai jusque là-bas. Le bout du chemin. Le bout de la route. Compostelle. Puis Fisterra.

Je pars. Pour mieux revenir. Pour mieux vous revenir. Au cœur de l'été, je serai de retour. En attendant, je vous promets, si Dieu le veut, si vous le souhaitez, si vous le permettez, si je parviens au bout de ce voyage-là, à mon tour, à la suite de ces millions de croyants qui s'y sont succédés depuis le Moyen-Age, je prierai pour vous à Compostelle.


mercredi 8 avril 2015

Inspiration

..."La vie en Inde, telle qu'elle est, favorise cette quête. Lorsqu'un homme a fait des études, fondé une famille et goûté aux joies d'une existence matérielle, il est supposé prendre le sanyasa - c'est-à-dire qu'il renonce à sa vie de famille, prend une sébile de mendiant et part à la recherche d'autre chose. Il ne part ni à la recherche de Dieu, de la vérité, de la réalité ni de lui-même. L'essence même de cette quête est que son objet reste inconnu. Il s'en va vers un autre monde, totalement différent de celui que nous connaissons. Il franchit le fossé quantique".
(Le corps quantique, Dr Deepak Chopra, J'ai Lu Aventure Secrète).
Visuel : Fotolia.

mercredi 1 avril 2015

Mes cosmétiques bio du moment

Même si je suis amenée à tester des produits de beauté de tous horizons, vous n'êtes pas sans savoir que la cosmétique biologique reste ma passion. Mais je serai aussi la première à reconnaître ses limites. Il n'empêche que certains soins bios remportent largement mes suffrages. Mes coups de cœur du moment ? Les voici, indiscutablement.

Côté visage
 -  Le Concentré Visage Désaltérant, de Florâme, me sert de base hydratante le matin et même certains soirs. Il est doux, rafraîchissant, parfaitement adaptée à ma peau fatiguée en ce moment. C'est un sérum avec une texture gélifiée bien formulée (ni asséchante ni collante), que l'on utilise avant sa crème de soin (on peut utiliser celle de la même gamme, ou mixer avec un produit d'une autre marque).

Côté corps
 - Le Nuage de Fraîcheur de Sanoflore, est un déodorant bio, qui revendique une efficacité de 24 heures. Et ça marche ! Je vous avoue que je l'ai testé à reculons, car côté déo bio, j'ai donné. Et à part quelques uns qui tenaient le coup (comme le déo à la sauge de Weleda), il m'arrivait d'avoir la sensation (très) désagréable de ne pas sentir la rose en fin de journée. Pas de souci avec celui-ci. D'une manière générale, j'aime bien les produits Sanoflore, les soins visage assurent bien, et le lait pour le corps Nectar des Délices fait partie de mes incontournables.

 - Mais en ce moment, j'ai fait une infidélité à ce dernier pour l'Huile Satinée Nourrissante et Tonifiante de Bio Beauté by Nuxe. J'utilise le plus souvent les huiles corps en été, mais là, j'avoue que j'ai craqué. Son odeur de vacances (de cédrat en fait), sa texture voluptueuse, mais pas grasse, sa praticité d'usage. J'aime beaucoup beaucoup...

 - Dans un même esprit estival, j'utilise en ce moment en guise de gel douche, un produit à la texture tellement gourmande qu'il me réjouit tous les matins : la Mousse de Poire de Bionaturals. Honnêtement, on en mangerait... Pas trop mousseux, ni détergeant, ni irritant pour la peau, elle est toute douce et laisse une empreinte savoureuse et naturelle comme on aime.

 - Pour le gommage, je fonds pour le Gommage Jasminum d'Amanprana. J'avoue, j'adore cette marque, qui propose avant tout des produits alimentaires d'excellente qualité. Mais les quelques cosmétiques qu'ils fabriquent sont d'un même niveau d'exigence. Le seul hic : Assez difficile à trouver en magasin bio, mieux vaut le commander sur Internet : www.amanvida.eu/fr

Côté cheveux
 - Les shampooings bio ont longtemps été pire que les déos, il fallait vraiment avoir la foi pour les utiliser, c'est-à-dire qu'ils avaient tendance à transformer ma chevelure en paille sèche et terne. Et honnêtement, encore aujourd'hui, peu d'entre eux sortent du lot. Bon, il y en a quand même. L'un d'entre eux est le Shampooing Bioéclat de Saint-Algue : à base de bois de rose et d'ylang-ylang, il prend soin de mes cheveux colorés. Vraiment. Ils sont ensuite tout doux, faciles à coiffer. Bref, un shampooing qui fait son job de shampooing quoi...

samedi 28 mars 2015

Oui, j'ai la trouille, pas vous ?

L'une de mes amies m'a envoyé un texto hier soir soulignant son désarroi face à la grande violence que venait de subir l'un de ses proches. Et face à ça, je n'ai pu que lui répondre que moi aussi, j'avais peur. Que selon moi, la question n'était pas de ne pas avoir peur, mais bien ce que nous étions capable de faire avec elle... Malgré tout. Et avec le sourire.

Oui, j'ai la trouille, lorsque je vois le monde tel qu'il est, que des hommes sont capables de faire s'écraser des avions volontairement, ou de tuer d'autres hommes pour des caricatures, oui des caricatures, et qu'alors on se dit, personne n'est à l'abri de toute cette folie. Pas même nos enfants.

Oui, j'ai la trouille, lorsque des multinationales ont l'air de faire ce qu'elles veulent, couvertes par la lâcheté des politiques, juste pour de l'argent, juste pour des profits, contre notre santé, contre notre humanité, contre la vie, la nôtre et celle des autres espèces vivantes, contre la planète. Honnêtement, je n'en reviens pas qu'il existe des êtres humains capables de vivre comme ça.

Oui, j'ai la trouille lorsque j'apprends, a posteriori, certains évènements de la vie de mes proches ou de mes patients, et que je ne peux que me lever et les saluer, bravo, vous êtes toujours vivants, vous êtes le courage et la détermination incarnées, merci de toujours exister et de ne pas avoir pris d'une manière ou d'une autre la poudre d'escampette. Merci d'être restés ici à nos côtés.

Oui, j'ai la trouille, lorsque je vois la pollution de l'air, la pollution de l'eau, la pollution de notre alimentation (même parfois bio), mes parents qui ont tous les deux eu un cancer, et tant de proches aussi, et qu'il faut quand même prendre soin de soi, jour après jour, et y croire, sans illusion, avec humilité, que je suis actrice de ma santé et que je fais le choix (si Dieu le veut) que cette saloperie ne passera pas par moi.

Oui, j'ai la trouille, lorsque je me suis fait littéralement spolier par l'un de mes ex-compagnons qui m'a ensuite dit, tu me faisais tellement confiance que je savais que je pouvais faire tout ce que je voulais, que son immaturité affective a dû alors faire écho à la mienne, que j'en paie toujours les pots cassés et que ça me bloque encore dans ma vie aujourd'hui et qu'il a fallu ensuite tout réapprendre, à m'aimer, à aimer, et surtout apprendre ce que je n'avais pas su, faire rimer confiance et discernement, et que ce n'est pas si simple finalement.

Oui, j'ai la trouille, parce que je vais partir presque trois mois à la fin de ce printemps en pèlerinage sur le légendaire Camino, et que cela représente un risque énorme, de fermer le cabinet, de vivre sur mes dernières économies, de prendre seule la route, et que pourtant je n'ai pas le choix, c'est quelque chose qui me dépasse, qu'il faut que je fasse, pour moi, aller au bout de quelque chose, de mes peurs et de mes envies. Mais je vous jure que je ne serai pas fière dans le train pour partir, avec mon petit sac à dos, mon jus d'herbe et mes réserves de graines germées (car on ne peut pas non plus renoncer à qui on est) ! C'est comme si je connaissais déjà le goût des larmes que j'allais verser, mais aussi comme si c'était le prix à payer (pour moi en tous cas) et la joie à inventer, pour accéder à la pleine dimension de qui je suis, à ma véritable humanité.

La question n'est pas d'avoir peur, ou pas. Vivre est risqué, profondément engageant... Et je n'ai pas envie de ne pas vivre. Et encore moins de vivre à moitié. Alors oui, j'ai la trouille. Et j'y vais. J'y retourne même. Je prends le risque. Je choisis de faire confiance. Oui, je choisis la confiance, malgré tout ça et tout le reste. Et j'avance, parfois la boule au ventre, parfois les larmes aux yeux. Et plus j'avance, plus la route se dégage, plus je suis heureuse d'y être allée. Plus j'avance, plus c'est facile d'avancer. De retrouver l'amour et la sérénité, d'accepter les autres comme ils sont, de célébrer la vie et de l'aimer. Et d'inventer des défis à la mesure de son incommensurable beauté.

Je persiste à penser que nous sommes tellement privilégiés. Je persiste à penser que la vie veut le meilleur pour nous, pour moi. Moi qui ai l'incroyable prétention d'accompagner d'autres êtres humains sur leur chemin, comment pourrais-je rester dans ma coquille sous prétexte que j'ai peur, comment pourrais-je résister à ce qui m'appelle, serait-il envisageable de ne pas vivre mes désirs, et m'enfermer dans une petite vie bien balisée, sécurisée, contrôlée, "caisse-d'épargnée". Je me suis si souvent trompée. J'ai parfois tellement peur, si vous saviez. Je suis pleine de cicatrices, mais aussi riche des milles vies que j'ai déjà vécues, de tous ces amis qui me tiennent la main et qui savent me réconforter lorsque j'en ai besoin, riche de tout cet amour reçu, cet amour donné. Oui, j'ai la trouille. Je peux le dire, et même avec le sourire.

Pour toi Murielle, pour toi Astrid, pour toi Maman, pour toi Emmanuelle, pour toi Marie, et pour toi B. aussi...

(Visuel : Fotolia)

jeudi 26 mars 2015

L'exigence de cohérence

Il s'agit d'un de mes thèmes favoris, redondants : comment transmettre un message si l'on ne cherche pas à l'incarner soi-même ?

Je ne dis même pas, si on ne l'incarne pas soi-même... Nous sommes tous en chemin, et l'on n'est rarement arrivé à la quintessence de ce que l'on voudrait être : on peut écrire un livre sur l'amour et ne pas toujours exprimer l'amour au jour le jour. Humain, tellement humain... Mais notre engagement alors est bien d'essayer de le vivre autant que possible. Faire au mieux. Tendre vers. Il ne s'agit donc vraiment pas d'essayer d'aller vers ce que j'appelle "l'illusion de la perfection". Mais de donner le meilleur de soi dans la ou les directions que l'on s'ait choisies.

Difficile de diriger une marque de cosmétique bio et de rouler en 4x4 (sauf si nos conditions de vie l'exigent bien-sûr), difficile d'être militant écologiste et de manger n'importe comment, difficile d'être thérapeute et de ne pas prendre soin de soi... S'il n'y a pas d'obligation de résultats, il y a bien une obligation de moyen : "je donne le meilleur de moi", répète la psychothérapeute Nicole Aknin. Oh oui, c'est absolument essentiel.

Sinon, notre vie n'est que dispersion et perte de temps. Affirmer une chose et faire son contraire, c'est s'infliger à soi-même une double-contrainte permanente, et donc à terme générer de la dysharmonie et de la souffrance. Dont on est soi-même responsable pour soi...

Cela pose d'ailleurs la question du mensonge, mais le pire mensonge qui soit, le mensonge que l'on se fait à soi-même. Déjà, je pense que le mensonge que l'on inflige aux autres est un énorme voleur d'énergie : Avons-nous encore dix ans que l'on ne soit pas capable d'assumer nos actes et l'on se sente obligé de les travestir ? Mais le mensonges vis-à-vis de soi va au-delà de ça : c'est passer outre son ressenti, ce sentiment de dissonance intérieure et persister malgré tout dans nos affirmations, nos actes, nos choix. Parce que l'on n'est pas capable, parce que l'on a peur d'aller au-delà. Nul jugement dans mes propos, je suis si bien capable comme les autres de "m'auto-enfumer" : la vie en revanche m'a rarement laissé m'embourber très longtemps dans mes illusions...

Un tel processus est encore pire lorsque l'on écrit, que ce soit dans un blog ou dans des livres. Je crois beaucoup à la puissance de l'écriture, qu'elle soit thérapeutique ou prospective : "Je veux quelque chose, je l'écris", pourrait être mon leitmotiv. Car l'étape d'après pourrait s'exprimer ainsi, "j'écris quelque chose, je l'incarne"... Bon gré, mal gré d'ailleurs. A nous donc d'être doublement vigilants dès que l'on inscrit quelque chose dans la réalité, et à la face du monde qui plus est.

Sans raideur mais avec rigueur, il importe donc de tenter d'ajuster nos actes avec notre parole. "Marche ta parole" disent les Accords Toltèques*. Faire ce que l'on dit, dire ce que l'on fait, écrire ce que l'on tente d'incarner, être impeccable, le plus entier possible. Accepter nos zones d'ombre, car elles font partie de nous, afin de les transformer en lumière au fil du temps, et non les nier, ce qui ne ferait que les renforcer. Mais faire avec, les yeux grands ouverts... "J'en suis là, je sais que j'ai une marge de progression, et je ne me décourage pas. J'y vais aussi, patiemment, tendrement, c'est la route que je me suis choisie. Je l'aime et je sais que je parviendrai à la parcourir. Petit à petit. "

Pour ma part, mon exigence de cohérence se situe au niveau de la transmission du bien-être (ce qui m'engage à prendre soin de moi donc mais aussi des autres et en particulier de mes proches, être là pour eux, les soutenir envers et contre tout), du respect de la planète (je passe ma vie à traquer les lumières allumées, à me faire violence pour rester le moins longtemps possible sous la douche chaude du matin...), et de la joie de vivre (célébrer la vie, même et surtout quand c'est difficile, un sacré challenge !). J'y travaille, je m'y attelle, je ne lâche pas, je persiste, j'insiste même lorsque les vents ne me sont pas favorables, j'avance, je recule, et j'avance encore. Peut-être qu'un jour ce sera (encore plus) facile, mais je reste soutenue, portée par cette croyance, que je serai bien incapable de délivrer un message si je ne l'expérimentais pas, si je n'irradiais pas moi-même son énergie... Merci alors à vous de m'en donner la possibilité, de me soutenir par le fait même que vous me lisez.

* Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz (Editions Jouvence)