samedi 27 février 2016

Pour la femme que je suis, pour celles du monde entier...

Sur mon père, et sur ma mère
Sur l'enfant que j'ai été
Pour mon fils, ma sœur, mon frère
Pour les femmes du monde entier

Côté ciel et côté terre
Pénélope et son métier
Marilyn et son mystère
Sur les bois et les fourrés

Sur la vestale toujours là
Côté maison, côté métier
Sur nos espoirs, sur nos combats
Créer le monde à notre idée

Sur les choses auxquelles je crois
Celles auxquelles j'ai renoncées
Sur l'amitié, l'amour, la joie
L'incroyable complicité

Sur le bonheur maternel
Sur le courage d'enfanter
Sur le syndrome menstruel
Sur l'orgasme répété

Sur toutes les hontes vues
Sur toutes les hontes bues
Les souffrances, la solitude
Ces violences affligées

Sur les fées, sur les sorcières
Ces femmes brûlées sur les bûchers
Sur l'Esprit, sur la matière
Sur vous, mes sœurs, à mes côtés

Aller, venir, chanter, nourrir
Danser, sourire, oser, jouir
Veiller, permettre
Jouer, transmettre

Pour la foi et pour la joie
Sur l'amour qui vibre en moi
Sur le rire et ses éclats
Sur mes larmes quelques fois

Sur ma vie, sur sa vie
Sur nos vies à l'infini
Tracer la partition magique
Ce chemin de liberté

Oui, par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis née pour te connaître
Pour t'aimer, pour te nommer
Femme,
Féminité

(D'après Liberté, de Paul Eluard)

vendredi 19 février 2016

Des smoothies de folie...

On les apprécie au petit-déjeuner, au goûter, voire parfois au dîner si l'on souhaite faire un repas plus léger : Aucun doute, les smoothies sont nos (vrais) amis pour la vie ! Alors, plutôt que d'acheter des livres de recettes que vous aurez toutes les peines du monde à appliquer, voici les éléments à associer pour les fabriquer vous-mêmes. Vous allez vous régaler...

1. Un fruit de base. Banane, pomme douce, poire, mangue, sont les plus classiques. Mais personne ne vous empêche de mettre une pêche, des abricots, du kaki ou des nectarines quand c'est la saison. On peut en mettre uniquement une moitié si l'on est habitué aux mets peu sucrés, mais inutile de se flageller non plus... On peut aussi faire moitié-moitié, surtout si c'est pour ajouter des fruits acides comme le kiwi ou l'ananas, alors on pourra prendre par exemple 1/2 banane et 1 kiwi, ou 1/2 pomme et 1 tranche d'ananas. Mon objectif étant clairement de limiter le nombre de fruits dans les smoothies.

2. Du vert à gogo. Vous le savez (A moins que non d'ailleurs !), les légumes à feuilles vertes constituent la base de l'alimentation que je recommande (enfin, je ne suis pas la seule !). Les smoothies n'échappent pas à cette addiction. On peut y mettre des pousses d'épinard, toutes les sortes de salades de la Terre, de la mâche, du pourpier, des fanes (de radis, de carotte), du kale, du chou chinois, mais aussi du brocolis ou des courgettes, et à petite dose, du pissenlit, du cresson, sans oublier bien-sûr des graines germées, des jeunes pousses (de tournesol, de petit-pois comme on trouve dans les magasins asiatiques) et/ou des herbes aromatiques (persil, menthe, basilic, c'est si bon...). On commence par une grosse poignée, avant de doubler la dose au fil du temps. Si vous mettez vraiment beaucoup de légumes verts, ajoutez un peu de jus de citron afin de rendre tout ceci plus appétant et plus gourmand.

3. Du gras. Oui, oui, je persiste et signe, même si vous voulez maigrir, il faut manger du gras. Alors quoi comme gras ? 1/2 avocat, 5-6 oléagineux - l'équivalent d'une bonne cuillère à soupe - préalablement trempés (noisettes, amandes pelées, noix de macadamia, de cajou, de pecan, de Grenoble, pistaches, sésames, graines de courge, de tournesol), 1 cuillère à café de graisse de coco, ou de purée d'un de ces oléagineux si votre blender n'est pas suffisamment puissant.

4. Du liquide. Ce peut être de l'eau, mais comme on a envie de se faire plaisir (et que tout ça tienne au ventre), on va plutôt se tourner vers de l'eau de coco, ou d'aloe vera, un lait végétal (celui que vous aimez, même si je recommande de limiter le lait de soja), voire des infusions - réglisse, verveine, anis... -, un petit peu d'eau florale, ou du thé vert. Il arrive que l'on utilise des jus de fruits ou de légumes, comme du jus de pomme, d'agrumes, de carotte, de grenade, de canneberge, mais perso, ce n'est pas trop mon habitude. A raison d'un grand verre de liquide, voire un peu plus.

5. Des superaliments. Ce peut être des baies (myrtilles, framboises, cassis, physalis, voire si vous y tenez Goji), mais aussi du thé matcha, du cacao cru, du jus d'herbe, des algues d'eau douce, du pollen, du gingembre, du curcuma, de la vanille, de la cannelle, mais aussi - il faut bien rire un peu - du baobab, de la maca, voire une goutte d'huile essentielle (géranium, citron, néroli)...

6. Des éléments qui vont ajouter de la densité. Vous ne voulez pas mourir de faim, et moi non plus. Dans ce cas, on peut ajouter à tout ça des graines de chia (en poudre ou pas, mais dans le second cas, attendez un peu avant de consommer votre super smoothie), des graines de chanvre, de la farine de coco (on la trouve aussi sous le nom de fibre de coco), de la farine de lin... A raison d'une bonne cuillerée à soupe.

7. En option, des produits sucrants. Si vous n'êtes pas encore complètement désaccoutumés du sucre - oooohhh les vilains ! -, vous pouvez ajouter soit un petit peu de sucre de fleurs de coco, soit des fruits secs préalablement trempés 20 minutes minimum si possible (1 datte medjool, 1 figue, quelques raisins secs...).

A vous de vous amuser, d'expérimenter, de faire preuve de créativité. Honnêtement, moi, je prends tout ce que j'ai sous la main, en respectant toutes ces étapes, et c'est très rarement raté ! Ensuite, vous mixez tout ça (mieux vaut un blender assez puissant, car ce sera nettement plus agréable à savourer s'il est bien crémeux et velouté), et vous obtiendrez un smoothie de folie qui à la fois vous régalera, mais aussi vous permettra de tenir sans fringale pendant plusieurs heures.

Cet article est spécialement dédié à Nolwenn B. ... Clin d’œil à toi, belle amie !

lundi 15 février 2016

Mon coup de coeur du jour : Val Tara, entre magie et énergie

Je veux bien le reconnaître : je commence à être une vieille routière du bien-être. Il en faut donc pas mal pour m'étonner. J'ai été dans les plus beaux hôtels du monde, les plus surprenantes thalassos, j'ai fait des soins chamaniques au cœur de l'Arizona, du Pérou, j'ai "subi" des masques de beauté à plusieurs étages en Corée (A défaut de comprendre à quoi cela servait, j'ai juste cru étouffer !), inutile de vous dire que lorsque je suis allée à Val Tara, au cœur de la Bretagne des sorcières et des fées, je ne m'attendais à rien de particulier.  J'étais heureuse de passer du temps avec de chouettes amies, et tout était bien. Sauf qu'une fois de plus, rien ne s'est passé comme prévu...

Le lieu d'abord est d'une pure beauté, j'ai adoré le paysage, j'ai adoré la maison et sa décoration. Les chambres sont divines, toutes différentes, toutes uniques, un havre de bonheur, un cocon de paix (Ces formules à l'emporte-pièce ont dues être faites pour de tels endroits).

Et les soins, ah les soins... Je le reconnais, je suis la plus méfiante de la Terre quand on parle de soins énergétiques : selon moi, ce type de pratique dépend tellement du chemin de vie de la personne qui les prodigue et de sa capacité à laisser de côté son ego pour faire "canal" et se mettre au service de l'autre, que j'ai vraiment rencontré le pire comme le meilleur. Ici ? On est de loin dans le meilleur. Joëlle et Jean-Marie ont mis au point leur propre cocktail de soins - après avoir fait le tour du monde des pratiques énergétiques -, qu'ils appellent Relax'Emo. Ok, si on veut. C'est en fait tout un programme d'accompagnement anti-stress et de reprogrammation émotionnelle associant applications des mains, sauna, bains de sel de couleur, chant énergétique et échanges avec les maîtres de séant. Je sais bien, dis comme ça, ça n'a l'air de rien. C'est juste énorme. Nous en sommes toutes sorties bousculées, accros, transformés, détendues. Et profondément joyeuses. Hélas, un week-end, c'est trop court pour une transformation en profondeur au cœur de soi. Bonne excuse pour revenir à Val Tara !

(Val Tara, L'Escale du bien-être sur mesure à Jugon les Lacs, au coeur de la côte d'Emeraude : 02 96 31 71 06, mail : relaxemodeco@orange.fr)

samedi 13 février 2016

Je pense à toi

Il fait nuit. Je rentre sur Paris. Je chante à tue-tête dans la voiture - Do you really want to hurt me, do-you really want to make me cry ? -, au loin, la Tour Eiffel brille. Là-bas, dans ma campagne, on a fait du feu, on a ri, on s'est serré dans les bras, on a regardé la pluie. Comment vivrais-je sans mes amis ? La question ne se pose pas. Ils sont là.

Je pense à toi. Tant d'années que tu es parti. Je me demande ce que tu penserais de ma vie-arc en ciel, de mes peurs, de mes chagrins, de mes coups de cœur, de mes envies... J'ai le cœur serré aussi. Que penserais-tu de ce monde impitoyable, barbare, des gens qui dorment si nombreux sur les trottoirs, de ces réfugiés, de ces villes dévastées ? Je pense à toi. Toi dont toute la vie a été traversée d'engagements, tu serais probablement fier de mes nouveaux choix : j'ai le sentiment de me déployer, de commencer à dépasser mes attentes égotiques, mon besoin névrotique de reconnaissance pour m'ouvrir au monde. Dans l'enthousiasme. Si tu savais - mais tu le sais -, comme c'est bon de construire ensemble une utopie, de comprendre (enfin) que, oui, nous sommes ceux que nous attendions... Et cette phrase qui sonne si doux à mes oreilles est devenue notre cri de ralliement : nous sommes ceux que nous attendions. Nous ne pouvons plus, nous ne voulons plus regarder ailleurs, nous défiler. On y va alors. Avancer. Expérimenter. Se tromper. Mais dans tous les cas essayer. Ensemble.

Je pense à toi. Il n'est pas une semaine de tranquillité ici. Du rire aux larmes, la vie m'étreint, me chamboule,  pas une seconde de répit... Cela me va. J'ai probablement signé pour ça ! A leur manière, à ta place, d'autres aînés veillent sur moi : Hélène et Bobbey, Nicole et Jacques. Aujourd'hui, Joëlle et Jean-Marie. Un soutien inconditionnel, une présence de tous les instants. Ils m'écoutent patiemment, sèchent mes larmes, apaisent mes passions. En plus des autres, ceux de ma famille, ces incroyables que j'aime de toute ma tendresse, et mes amis, ces merveilleux toujours sur le pont, les anciens et les nouveaux, d'ici et d'ailleurs. Je le disais cette semaine, j'ai reçu tant d'amour sur cette Terre, que jamais je ne pourrais me plaindre, rencontré tant de belles personnes, que les médiocres, les petits, les mesquins, les méchants (et j'en ai côtoyés aussi) ne font tout simplement pas le poids pour laisser leur empreinte en moi.

Je pense à toi. Tu sais - non, tu ne le sais pas, même moi, il y a deux jours, je ne le savais pas -, je vais repartir, reprendre la route, retourner sur le Camino. Bien moins longtemps. Quelques jours seulement. Je vais poursuivre ma transformation, cette étrange opération à cœur ouvert, retrouver les amis du chemin, cette douce fraternité qui me parle d'humilité, d'humanité. Comme si je ne pouvais plus m'en passer. Je suis la première étonnée. La magie du chemin a donc opéré. Au cœur de moi. Malgré moi. Et cela me réjouit finalement. J'ai fini par cesser de tout contrôler !

Je pense à toi. Je pense à mes enfants. Je pense à tous ces gens qui cherchent. Qui ont compris que l'essentiel était de poursuivre leur quête, et non de trouver ici ou ailleurs une réponse illusoire. Il y a tant d'années que j'ai faite mienne cette chanson de Brel. Ma vie est résumée ici : " Rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs, brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part. Aimer jusqu'à la déchirure, aimer même trop même mal, tenter sans force et sans armure D'atteindre l'inaccessible étoile". Au fil du temps, au fil de la route, j'ai lâché ma carapace. Infiniment vulnérable et nettement plus authentique, debout, déterminée, tellement seule et tellement reliée, j'avance. Ce soir, en sortant de la maison, il faisait nuit noire. Impressionnant. Je n'avais pas peur, je me sentais enfin forte de toutes mes errances. Ce soir, je ne sais pourquoi, je pensais à toi, Papa.