jeudi 31 août 2017

Et toujours recommencer...












« Vous avez peur, peur de ne pas réussir ? Alors, allez-y. Si vous devez échouer, vous échouerez et recommencerez. Autant de fois qu’il le faudra. Ce n’est pas l’échec qui nous retient, c’est le courage de recommencer qui manque et nous fait stagner » 
(Femmes qui courent avec les loups, Clarissa Pinkola Estès, Grasset, 1992)
Tomber. Se relever. Tourner la plage. Pleurer. Et toujours recommencer... Je suis étonnée, stupéfaite, admirative de voir chacun de nous ainsi au fil de la vie, remonter son horloge intérieure, y croire à nouveau, repartir, s'arrêter parfois, proposer une énième version d'un scénario, d'un livre, d'un projet, surmonter la maladie, l'échec, la perte. Repartir pour une nouvelle histoire de coeur, le sourire au lèvre, déménager, perdre et rejouer, tenter de retisser des liens tant et tant de fois brisés. Je me vois, je nous vois, je les vois mes amis, plein de courage, tant de coeur à l'ouvrage, s'épauler, s'essayer, se tromper, puis reprendre pieds. Nos sourires à ces moments-là. J'ai les larmes aux yeux, je n'en reviens pas. Après un été intense, laborieux, pas si simple pour moi, alors que se profile l'annonce d'une belle rentrée, engageante, émouvante, importante. Je me pose un peu. Et je vois défiler tant et tant de rentrées, et je ressens cet enthousiasme qui nous portait, et je regarde loin devant. Oui, j'ai le trac.

Dans ces instants de fin d'été, ces moments où les premiers parfums d'automne viennent nous interpeller - n'est-ce pas un champignon que j'ai vu ? Oui, c'est cela -, où les premières feuilles mortes tombent, où nous faisons déjà du feu dans la cheminée, je m'immobilise. C'est une année spéciale qui commence pour moi, avec l'école de naturopathie qui connaît un succès inespéré et commence dans quelques semaines, avec un livre essentiel pour moi qui va être bientôt édité, avec le départ de mon fils pour Vancouver (autant dire pour une maman, l'autre bout de la terre). Et tant de choses, encore plus intimes et tout aussi interpellantes. De nouvelles propositions, de nouvelles initiations. Un numérologue que j'aime beaucoup, m'avait dit il y a des années que 2017 serait mon année étoile, celle qui verrait tout basculer. Je comprends mieux aujourd'hui la justesse de ce qu'il m'avait annoncé. Et oui, j'ai peur. Cette peur persistante d'échouer, de ne pas être à la hauteur de la confiance que j'ai pu susciter, peur de perdre, peur de blesser et de me blesser.

Ces derniers jours, j'ai pas mal tenté de négocier avec ma peur, faisant comme ci, faisant semblant. Et aujourd'hui, j'ai enfin oser la regarder. Il n'est plus temps de partir en vadrouille, de batifoler à gauche et à droite, de tourner le dos à mon chemin, à mon destin. Je vais y aller. Je vais oser. Me redresser, regarder devant moi, regarder cette nouvelle route, respirer, avancer le pied, y aller. Et toujours recommencer...

Je dédie ce texte à Rose, Rose est la fille d'Alice, que j'ai connu par mon ancien travail de journaliste. Rose a un cancer, elle vient de subir une énième ponction lombaire, entame son 14ème mois de chimio (plus que 3 ans et 10 mois avant la guérison) et attaque sa 3ème au collège à partir de lundi. Pour Rose déjà, on va ouvrir grands nos yeux et être vigilants à toutes les manifestations qui auront lieu cet automne concernant les cancers pédiatriques et LES SOUTENIR. Pour Rose encore, on va se lever le matin et sourire à la vie, et poursuivre nos joies et nos combats quotidiens, la tête haute. Encore et toujours recommencer...

Photo : Time passing. Clock in sky. Auteur : Stillfx


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